|
La vigne de Mellemont, plantée en 1995 à
côté de la ferme du même nom
à Thorembais-les-Béguines (Perwez),
reste fidèle à son credo de qualité.
Le rouge n'offre pas les résultats escomptés,
on le laisse petit à petit tomber. Le blanc,
par contre, présente une belle tenue et devrait
progresser.
Cette aventure de la vigne est partagée
par trois amis, des voisins qui habitent sur une
même ligne d'un kilomètre: Etienne
Rigo, l'exploitant de la ferme de Mellemont, Pierre
Rion, le patron d'Iris à Louvain-la-Neuve,
et François Vercheval, dessinateur à
l'UCL. Les 3.800 pieds s'étendent sur un
terrain plat d'un hectare. Dans un premier temps,
la proportion était de 80 ares de rouge pour
20 de blanc. Mais celui-ci gagne du terrain.
Car le rouge, du pinot noir, déçoit.
La première récolte tomba à
l'eau à cause d'un mois de septembre pourri.
A chaque pied perdu, le blanc le remplace. Le cépage,
dans la lignée de prestigieux vins alsaciens,
est un croisement de Riesling et de Silvaner. De
la dernière récolte en date, le trio
d'amis a puisé entre 300 et 350 litres qui
devraient correspondre à un peu moins de
500 bouteilles. La semaine dernière encore,
on a procédé à un sous-tirage
afin de clarifier le vin. On va encore le faire
une ou deux fois afin d'avoir un vin tout à
fait limpide , ajoute Etienne Rigo. La mise en bouteilles
devrait intervenir en avril.
La qualité prend des rondeurs
d'année en année avec l'affirmation
d'un goût fruité. On est fier de notre
coup. On veut que celui qui y goûte y tienne.
Car on ne trouve plus un tel vin en Belgique. Du
vin belge? "Bof", pense-t-on. On croit
que c'est pour la joke. Nous nous sommes lancés
la fleur au fusil alors que nous manquons de tradition.
Il n'est pas facile de trouver des points d'appui
et surtout de faire un produit apprécié.
Actuellement, on va chercher du vin en Afrique du
Sud, au Chili, etc. Il faut donc s'implanter dans
des produits de qualité.
Le blanc de Mellemont voit de jeunes
plants arriver à maturité. On devrait
arriver à 1.000 bouteilles. Même si
le trio ne pense pas plus aujourd'hui qu'hier se
faire un peu de beurre avec son vin, le fruit de
sa passion connaîtra une commercialisation.
Car nous ne sommes pas des ivrognes.
|