DOMAINE DE MELLEMONT : UN PEU D'HISTOIRE
La culture de la vigne (pour le vin) en Belgique n'est pas nouvelle.
Au Moyen-âge chaque localité possédait ses
vignes et son vignoble. Rendue plus délicate en raison
d'un climat moins favorable au 17ème siècle, la
bière s'est imposée comme boisson.
La vigne a pratiquement disparu de nos régions aux 18 et
19ème siècles,, Napoléon Ier a joué
le protectionnisme…Seuls quelques endroits de la vallée
de la Meuse (Huy) ont conservé cette culture devenue anecdotique
jusque début du XXeme siècle.
Après la deuxième guerre mondiale, cette culture
s'est maintenue dans la région d'Overijse pour ses produits
« de table » qui s'adressaient alors à une
clientèle amateur d'une grappe de "Léopold"
ou de "Royal" .
La viticulture de plein air a pris un nouvel élan en
Wallonie début des années soixante et l'on compte
aujourd'hui plusieurs petits vignobles d'amateurs disséminés
partout en Wallonie dont les plus connus à Torgny, Trazegnies,
Huy.
Durant les années septante, ce renouveau viticole gagne
le Brabant flamand . Dans le Payottenland une nouvelle région
viticole s'est recréée dans les années
quatre-vingt qui a débouché sur une appellation
contrôlée en 1998.
Pierre Rion, ingénieur civil, Thorembaisien d’adoption,
passionné de vin depuis toujours, s’est un jour
dit que l’aventure et en tous cas le challenge en valait
la peine. C’est ainsi que les 100 premiers pieds de vigne
alsaciens ont été plantés en ce village
brabançon au printemps 1991. Une rencontre avec le regretté
Charles Henry, viticulteur à Liège a été
le détonateur de la suite. C’est parce qu'un beau
jour de 1993, Pierre et ses deux amis voisins Etienne Rigo,
agriculteur et François Vercheval fervent vinificateur
de fruits, ont goûté chez ce précurseur
des vins d'une telle qualité que le trio a été
convaincu que la Belgique pouvait aussi être un pays de
vrais vignerons...
Ils sont ainsi passés à la vitesse supérieure
en s’associant et en plantant 1.800 pieds en 1994 pour
passer à 3.400 en 1995, faisant ainsi alors de «
Domaine de Mellemont » le plus grand vignoble du Brabant
Wallon.
Deux critères guident le choix du cépage à
planter en Belgique : la précocité et la résistance
aux maladies. Le choix s’est porté sur le Müller-thurgau.
Ce cépage, obtenu en 1882 par le professeur Müller
à Geisenheim en Allemagne par croisement du Riesling
et du Sylvaner donne un vin aromatique et léger en alcool.
Le Müller-Thurgau ne développe son bouquet que dans
les régions les plus froides. En année normale,
bien vinifié il donne un vin très élégant
avec un beau caractère fruité et musqué.
En rouge, car le réel défi était bien là,
c'est le Pinot Noir, somptueux de finesse mais très délicat
à vinifier qui a été choisi, plaçant
d'emblée la barre haut dans les prétentions de
Mellemont...
Les années se suivent et ne ressemblent jamais. L’année
1999, première vraie vendange en quantité, donne
du courage à nos apprentis-viticulteurs : un petit miracle.
Par contre, 2001, une année qui avait commencé
de façon brillante laissait espérer une récolte
splendide. Hélas, Septembre a été le mois
le plus pluvieux depuis 100 ans. Le raisin blanc a pourtant
résisté -le pinot noir est passé à
la poubelle… -
Les chaleurs extrêmes de 2003 ont permis de produire un
excellent crû en rouge tandis que le blanc a cédé
son fruit à un gras intéressant.
Comme s’il s’agissait d’alternance, 2004 est
une année plus fraîche qui profite au blanc…
En 2005, Domaine de Mellemont triple sa superficie.
2 Hectares soit 11.000 pieds supplémentaires de Müller-Thurgau
et de quelques autres cépages blanc sont plantés
sur une terrain bien exposé.